BAIE DE CENDRAWASIH

Ile de Biak

L’ile de Biak,


Géographie, Histoire et Culture




L'ile de Biak se situe dans la baie de Cenderawasih à l’Est de la partie indonésienne de Papouasie. Biak est un endroit riche en histoire et doté d’une beauté naturelle. Ces côtes sont recouvertes de plages au sable blanc, de maraicageuses mangroves et de falaises de pierre de corail pouvant atteindre 60 mêtres. L’île est généralement plate, mais en direction du nord, elle peut atteindre une hauteur de 700 mêtres. Ce paradis tropical relativement peu connu possède une biodiversité unique, et comme c’est une île isolée, des espèces uniques de flore et de faune (oiseaux endémiques et  petits mammifères) ont pu être découvertes  grâce à des recherches et des études minutieuses. Il y fut ainsi découvert dans les années 2000 une nouvelle race de minuscules grenouilles, Oreophryne kapisa, d’une taille d’environ 20 mm par un naturaliste autodidacte, Mr Marthinus Kapisa. 

La mer alentour n’est pas en reste, puisque plus de 200 espèces pullulent dans ces eaux claires, où règne une vie sous-marine intense, qui fait le bonheur des amoureux de la plongée sous-marine, d’autant que le relief côtier regorge de tunnels et de grottes immergés à explorer. 




Durant la seconde guerre mondiale, Biak fut envahit par les Japonais en avril 1942, mais c’est en Juillet 1944 que l’île fut reprise par les forces Alliées après de violentes batailles, dans lesquelles l’Armée Impériale Japonaise y laissa environ 33 000 vies et les forces Alliées environ 9 800. La première bataille de chars d’assaut commença ici. Vous ne serez donc pas surpris de trouver des reliques WWII et des restes humains cachés dans la forêt lors de randonnées ou lors de l’exploration des caves de pierres calcaires. Beaucoup d’épaves, telles que diverses embarcations et petits avions, peuvent être trouvées au fond de l'eau. La plupart sont devenues de nouvelles habitations et des jardins de coraux pour la vie sous-marine.


Les habitants de Biak sont très amicaux et hospitaliers envers les étrangers. Possédant une inclination naturelle pour la musique, il n'est pas rare de les entendre chanter et danser le soir.

Il existe deux grandes questions au regard de l’histoire de Papouasie. Elles sont respectivement, « D’ou viennent les Papous ? » et « Comment sont-ils arrivés en Papouasie ? ».  La réponse a ces questions n’est pas facile. Pour y répondre, on doit examiner plusieurs sources de données tels que la génétique, la linguistique, les histoires et les mythes, et biens sûr, les histoires écrites. Il n’est pas besoin de préciser que la source la plus valable (les histoires écrites) est aussi la plus rare et la plus incomplète.
Il existe deux groupes de populations indigènes trouvés en Papouasie. Les Mélanésiens ( générallement les habitants d’une île telle que Biak ou Sorong) et les Papous ( plus connus sous le nom de Negritos). Ils ont deux groupes de languages distincts : L'Austranésien et le Papoua.



Ce que l’on sait, c’est qu’il y a approximativement 40 000 ans, les premiers Papous arrivent par bateaux (ou embarcations diverses) dans l’ouest de la Nouvelle-Guinée. Plus tard, il y a environ 30 000 ans, l’arrivée des Austronésiens eut pour conséquence le recul du peuple Papou vers l’Est où ils occupèrent les Hautes-Terres. Dans certains cas , essentiellement dans les îles (Biak,...), il en découla un métissage aboutissant au développement de la population Mélanésienne. Il est supposé que la race papoue a pris naissance en Afrique. La thérorie serait que les peuples d’Afrique de l’Est, situés  près de ce que l’on appelle maintenant Madagascar, auraient migré à travers le continent Asiatique, puis dans les îles. Cependant, il existe des faits suggérant qu’il y ait pu avoir des hommes en Nouvelle-Guinée il y a au moins 60 000 ans.




Leurs ancêtres ont probablement été de véritables Asiatiques. Les migrations successives de la Chine et du continent Asiatique ont petit à petit poussé les ancêtres des Papous vers l’Est jusqu’à ce qu’ils atteignent la Nouvelle-Guinée, l’Australie et les îles environnantes du Pacifique. Des populations apparentées ont été découvertes et dans de rares cas, elles sont situées dans d’autres parties de l’Asie. Cependant, à Biak, il est possible de trouver un groupe distinct de personnes qui aurait proliferé d'une manière dominante dans les terres intérieures de l’île. Ce groupe, aussi bien en apparence que génétiquement, pourrait être la race pure des ancêtres des Papous. Ils étaient connus sous le nom de Arkak ou Faksi, mais toutes les preuves de leur ancêtres papous et de leur domination sur le langage de Biak ont été perdues.




L’archéologie et l’étude des langages montrent essentiellement une migration vers l’Est à travers la Papouasie alors que les Mélanésiens dominaient les îles et quelques côtes. A certains endroits, comme à Sentani, il existe des évidences de métissage. Le fait que les habitants de Biak aiment le commerce d’esclaves montre également qu’ils sont très longtemps restés en contact avec les populations Mélanésiennes. Les Papous se mirent en marche vers les zones montagneuses et la plupart des Basses Terres. Cependant, une zone d’ombre persiste : Y-a-t-il eu deux migrations simultanées vers les Hautes Terres et les Basses Terres, ou plusieurs migrations de la population qui allaient et venaient de la Basse Terre à la Haute Terre.




D’intéressantes anecdotes et quelques histoires locales suggèrent que cette migration n’a pu que récemment avoir lieu. Un homme Papou originaire de l’Est des Hautes Terres de la Papouasie Ouest et âgé d’une quarantaine d’années raconte qu’il se souvient, enfant,  aller dans les terres inhabitées. Encore aujourd’hui, presque toutes les zones habitables en Nouvelle-Guinée apparaissent inhabités. Aussi, les mythes sur la création et les migrations qui, par tradition, se transmettent oralement, conservent remarquablement leur consistance et se réfèrent plutôt à un passé récent. Il est également intéressant de voir que quelques zones au Nord de Timor et d’Halmahera gardent des traces de langage Papou pouvant indiquer un possible retour de migration.




LES KORWAR ( représentations d’ancêtres) :









Créé dans la Baie de Cenderwasih, le Korwar représente un individu récemment décédé. Chaque Korwar était vu comme un « récipient supranaturel », à l’intérieur duquel l’esprit de l’ancêtre, nouvellement décédé, pouvait être appelé et consulté , donnant lieu à des offrandes.



L’image du Korwar était très conventionnelle, représentant l’ancêtre en position souvent assise, avec selon les croyances originelles, les coudes et les genoux soudés comme lors de la création. Parfois le Korwar est en position debout avec une tête robuste et un nez en forme de flêche qui est la marque du style Korwar. Certains Korwar aussi possèdent à la place de la tête le véritable crâne de l'ancêtre, ces derniers étant les plus recherchés par les amateurs.
Bien que le sexe des figures est souvent difficile à déterminer, tous sont homme ou femme, en fonction de la personne décédée. Normalement gardés dans la maison familliale du mort, les Korwars étaient aussi emmenés lors de dangereux voyages en mer afin d’assurer un retour glorieux. Les canoës de Cenderawasih avaient des têtes de Korwar incorporées dans leurs proues et dans leurs brise-lames arrières, et de petits Korwar miniatures étaient emmenés comme amulettes. L’omniprésence des images de Korwar protégait les vivants et insistait sur l’importance des ancêtres dans tous les aspects de la vie quotidienne.